samedi 3 mai 2014

Chapitre 9 : Un revirement de situation

Alors que je mangeais encore l’herbe à force de rester par terre allongé, j’entendis le général se relever et nous demander de le suivre. Je commençais à me relever mais le soldat me marcha sur le dos et continua sa route derrière le général. Il me fit un mal de chien à suivre bêtement et méchamment son supérieur. Je me relevai à nouveau mais cette fois Andrea m’attrapa par le bras et m’aida dans mon dur labeur qu’était de me soulever. Une fois debout, elle me lâcha puis partit à son tour. Je m’empressai de m’épousseter et me mis à courir malgré mon dos en compote à cause de ses bottes trop lourdes pour mes vertèbres. Avec ma lampe torche braquée sur les feuilles et le reste du groupe, je m’efforçai de garder le rythme tout en évitant les encombrantes racines d’arbres et les branches bien trop près de ma tête. Apres quelques bleus supplémentaires, nous arrivâmes enfin sur ce qu’il semblait être notre campement.

La terre était retournée de toute part par ce qu’il semblait être les plus grosses traces d’animaux que je n’avais vu de toute ma vie. Qu’est-ce qui pouvait bien avoir attaqué et fait autant de dégâts dans notre campement ? Les branches cassées et les feuilles recouvraient le sol de notre campement. Toutes les vitres de notre vaisseau ainsi que le blindage étaient parsemées de griffure et d’impacts de balles tirées par nos mitrailleuses. Nos tentes étaient de leur cotées en lambeaux et certains morceaux s’envolaient en même temps que les brises de cette triste soirée. Après avoir laissé mon esprit matérialiste prendre le dessus, je me rendis compte qu’ils manquaient encore à l’appel le scientifique et le caporal restés sur place. Alors que mes camarades criaient et cherchaient sous les débris, le général s’exclama : « Venez ici ! J’ai retrouvé le caporal Sourdon. » Tout le monde se rapprocha pour voir le caporal mais Andrea nous poussa et nous demanda de lui laisser de l’air. Le général qui dissimulait son inquiétude derrière son sang-froid incroyable, demanda au caporal ce qu’il pouvait bien avoir pu se passer ici lors de cette soirée. Il eut du mal à ouvrir les yeux puis après quelques toussotements, il commença à nous donner quelques explications.

Alors qu’il surveillait le docteur Ferrafia en train d’analyser avec entrain le sol et les minerais qui longeaient la plaine de notre campement, bref, qu’il s’ennuyait comme un rat mort à regarder le scientifique faire joujou avec ses outils, la nuit commençait à tomber sur le campement. Il demanda au scientifique de bien vouloir retourner dans les tentes avant qu’il ne fasse totalement noir. Le docteur Ferrafia comme un enfant dans sa chambre avec ses jouets n’entendit pas les conseils du caporal et alluma juste sa lampe frontale. Le caporal s’avança alors vers le scientifique pour le ramener de gré ou de force dans le monde réelle. Alors qu’il allait attraper le docteur par le col et le secouer comme un cocotier, il entendit un bruit sourd venant des terriers qui entouraient la plaine depuis notre arrivée. Il se retourna pour regarder autour lui. Il ne vit rien mais le bruit devenait de plus en plus fort autour d’eux et le scientifique ne semblait pas retirer son regard de ses cailloux. Sentant le danger, il traina Ferrafia qui entra alors dans une colère noire sous prétexte que les échantillons allaient être souillés par sa faute. Il jeta le docteur dans la tente puis il sortit dehors avec son arme tout en éclairant la plaine. Et là, un silence total s’était installé. Tout à coup, un immense insecte tel un cloporte surdimensionné surgit d’un des terriers et sauta sur lui. Il utilisa alors son arme en tirant à tout va en espérant tuer l’assaillant. Le caporal vit alors l’insecte avec ses mandibules gigantesques s’écrouler à ses pieds. A ce moment-là, une dizaine de ces bestioles surgissent des terriers mais avant qu’il n’ait le temps de tirer, quelque chose l’assomma par derrière. En s’écroulant, il ne vit qu’une masse sombre s’avancer vers Ferrafia et n’entendit que son cri de détresse.

Tout le monde resta médusé face à cette révélation. Par réflexe, on regarda vers les terriers pour voir si aucuns insectes ne sortaient de là-bas. Seul Andrea et les autres docteurs commençaient à réfléchir au pourquoi de leur sortie nocturne et de leur taille surdimensionnée. Bien entendu, Andrea chercha à trouver le docteur Ferrafia, disparu ou alors … mort. Cette dernière hypothèse me fit frissonner le dos en lambeau que j’avais. Le général nous envoya nous coucher pendant qu’il serait de garde. Il fallait nous reposer pour réparer notre campement en piteux état.

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