lundi 12 mai 2014

Chapitre 3 : L'histoire de mon passé

Je m’en rappelais comme si c’était hier. J’avais 20 ans, l’âge où toutes les opportunités s’offraient à nous et où l’on était libre de décider de ce que l’on allait faire dans la vie. Mais cela n’avait pas été le cas pour moi.
Un beau jour férié d’été avec un soleil étincelant mais aussi une chaleur torride, mes amis et moi avions décidé de sortir faire un tour de vélo histoire de prendre un bon bol d’air avant d’attaquer une nouvelle semaine. Un petit coin de rêve méconnu de tous était notre point de rendez-vous : une petite rivière coulait calmement pour déboucher sur un point d’eau alimenté par une magnifique cascade et tout cela dans une forêt luxuriante animée par les chants d’oiseau.
Sans perdre une seconde, nous plongions comme à notre habitude dans cette eau transparente et refroidissante. Mais un élément nous avait paru inhabituel : une moto d’un noir profond avait été cachée non loin de notre paradis secret, sans doute un véhicule volé nous disions-nous. Malgré cela, ce coin reposant nous ôta toute suspicion et nous profitâmes de notre après-midi le plus que nous pûmes.
Le soleil commençant à décliner, nous décidâmes de nous rhabiller et d’emprunter le chemin du retour. Sur la route, tout paraissait calme jusqu’à ce qu’on entendit une voiture arriver. La personne n’avait pas le pied léger sur l’accélérateur. Il fonçait pleine balle vers nous sans ralentir, la peur commençait à s’emparer de nous mais finalement, il s’arrêta net à côté de nous, me tendit un paquet et repartit aussitôt. On se demandait quel malade cela pouvait être mais en examinant de plus près ce paquet, on pouvait voir qu’il contenait une sorte de poudre blanche. Toutefois, nous n’eûmes pas plus de temps pour l’inspecter car déjà deux autres voitures arrivaient aussi en trombe mais cette fois-ci armées jusqu’aux dents. Sans réfléchir, nous laissâmes les vélos sur place et courûmes le plus vite possible dans les bois. Toutefois, mes amis n’eurent pas le temps de s’enfoncer suffisamment loin et ne s’en sont pas tirés.
Andrea qui était en train de m’écouter en eut les larmes aux yeux. Cependant, je lui dis que ce n’était que le début d’une grande série de tristes évènements et qu’elle devait encore tenir le coup. Je continuais donc à lui raconter ce passage qui a fait tourner au drame une bonne partie de ma vie.
Même essoufflé, je m’efforçais de ne pas m’arrêter ni de me retourner. J’entendais toujours des coups de feu, je frémissais à chaque détonation en croyant toujours que je finirais par tomber comme tous les autres. Je ne sentais plus me jambes, mes pieds ne touchaient pratiquement plus le sol et j’esquivais les arbres comme je le pouvais. Tout à coup, je retombai sur une autre route et le calme était de nouveau revenu. Mais c’était peine perdue car cette fois-ci des sirènes arrivaient au loin, des sirènes de la police semblait-il. Je me suis alors dit que j’étais sauvé. Je me positionnai en plein milieu de la route pour qu’ils puissent me voir et me sauver.
Les policiers arrivèrent en courant vers moi ; ce qui se passa était inimaginable. On me prit pour un criminel car j’étais en possession de drogue alors que je ne le savais même pas. Sans que je puisse parler, on m’embarqua et je fus jugé non longtemps après pour possession de substance illicite. Les meurtres de mes amis ont bien failli retomber sur moi mais heureusement que la police scientifique avait mené son enquête.
Andrea décomposée m’interrompit dans mon histoire et me consola comme elle le pouvait même si j’en avais fait le deuil depuis bien longtemps.

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