A mon réveil, j’avais
l’impression d’avoir dormi une éternité, je me sentais étrangement reposé. Avec
difficulté, je commençai à ouvrir les yeux mais à première vue, il semblait
faire nuit… noire. La panique s’empara alors
de moi, me souvenant de ce qu’il s’était passé la dernière fois que cela était
arrivé. Je me levai immédiatement les jambes engourdies avec les muscles encore
à moitié tétanisés repensant toujours au docteur disparu. Avec mes bras, je
tentai de savoir où j’étais et je sentis tout à coup une matière familière
comme du tissu au bout de ma main. Par
réflexe, je tirai dessus et la différence de luminosité m’aveugla un bon
moment.
La
vue retrouvée, le groupe m’avait rejoint pour me demander de mes nouvelles. Le
docteur Ferraria était présent à ma grande surprise et je fus très soulagé.
Andrea me prit avec elle pour m’expliquer la situation car j’avais apparemment
dormi plusieurs heures. Je me rappelai juste que nous étions tombés dans les
mains d’êtres vivants pas très amicaux.
Andrea
m’expliqua que leur peuple s’appelait les Maraiviens et qu’ils étaient
pacifiques pour l’instant envers nous et que la violence n’était pas une
solution. Ils vivaient en symbioses avec la nature et essayaient de prélever
uniquement ce qu’il leur fallait. A notre arrivée, ils étaient venus nous
espionner et en voyant nos inventions, ils avaient peur de ce que nous
pourrions faire à leur habitat et l’impact que nous aurions sur la planète. Ils
nous avaient donc écoutés et avaient rapidement appris notre langue en se
cachant sous des draps de la même couleur que la terre. Et c’était lors de
l’attaque qu’ils avaient protégé le docteur en l’emmenant avec eux. Andrea avait
essayé de rassurer le sage en lui disant que c’était seulement pour des études
scientifiques. La situation n’était pas encore stable à leur goût et ils
voulaient nous garder pour l’instant en attendant de prendre une décision. Je
n’étais pas confiant même si Andrea avait essayé de me rassurer.
Cependant,
elle me fit bien comprendre que leur décision allait prendre plusieurs jours et
qu’il fallait pour l’instant s’habituer à leur mode de vie. En effet, ils
avaient certaines techniques de chasse qui avaient pu repousser ces horribles
bêtes qui dormaient dans les galeries où nous nous trouvions.
Intrigué
par cela, j’allais voir les êtres qui fabriquaient ces armes bien spécifiques.
Sans broncher, le créateur me fit voir les étapes de fabrication. Il prenait le
cœur du tronc des arbres de la forêt afin d’avoir une lance la plus solide
possible. Il prenait aussi des silex avec un liquide empoisonné au bout qui
venait de vers à 6 pattes vivant dans le désert. Mais ce n’etait pas tout, ils
possédaient aussi des arcs très flexibles faits avec le bois des immenses
arbres que nous avions vus au départ. Pour me convaincre de tout cela, il me
fit des démonstrations de ses armes et insista pour que je les teste. Le
général m’observait et ne put résister à montrer ses gros calibres. Le
Maraivien corpulent et imposant fut surpris par notre arme. Il la testa et avec
le bruit sourd qu’elle dégagea, il en eu peur et alla se réfugier dans un des
abris. La journée commençait bien mais elle passa aussi très vite.
Le
soleil se couchant, nous étions tous invités à manger à leur table. Le buffet
était de nouveau rempli. Ils mangeaient toutes sortes de fruits mais aussi des
racines, des insectes du désert, du lichen, du poisson de la rivière et bien
sûr le gibier de la forêt mais qui ne ressemblait pas du tout au nôtre. La
viande était plutôt bleue et tournait au violet sur les membres. Même si cela
ne paraissait pas très appétissant au premier abord, tout le monde s’etait
régalé. Les caporaux commençaient à créer des liens d’amitié avec les soldats
du village. Le général avait trouvé des sujets de discussion avec le sage du
village. Finalement, cela se passait mieux que j’aurais pu le croire et
j’allais me coucher avec l’impression d’être en sécurité.