mercredi 30 avril 2014

Chapitre 12 : Un réveil chaotique

           A mon réveil, j’avais l’impression d’avoir dormi une éternité, je me sentais étrangement reposé. Avec difficulté, je commençai à ouvrir les yeux mais à première vue, il semblait faire nuit…  noire. La panique s’empara alors de moi, me souvenant de ce qu’il s’était passé la dernière fois que cela était arrivé. Je me levai immédiatement les jambes engourdies avec les muscles encore à moitié tétanisés repensant toujours au docteur disparu. Avec mes bras, je tentai de savoir où j’étais et je sentis tout à coup une matière familière comme du tissu au bout de ma main.  Par réflexe, je tirai dessus et la différence de luminosité m’aveugla un bon moment.

           La vue retrouvée, le groupe m’avait rejoint pour me demander de mes nouvelles. Le docteur Ferraria était présent à ma grande surprise et je fus très soulagé. Andrea me prit avec elle pour m’expliquer la situation car j’avais apparemment dormi plusieurs heures. Je me rappelai juste que nous étions tombés dans les mains d’êtres vivants pas très amicaux.

Andrea m’expliqua que leur peuple s’appelait les Maraiviens et qu’ils étaient pacifiques pour l’instant envers nous et que la violence n’était pas une solution. Ils vivaient en symbioses avec la nature et essayaient de prélever uniquement ce qu’il leur fallait. A notre arrivée, ils étaient venus nous espionner et en voyant nos inventions, ils avaient peur de ce que nous pourrions faire à leur habitat et l’impact que nous aurions sur la planète. Ils nous avaient donc écoutés et avaient rapidement appris notre langue en se cachant sous des draps de la même couleur que la terre. Et c’était lors de l’attaque qu’ils avaient protégé le docteur en l’emmenant avec eux. Andrea avait essayé de rassurer le sage en lui disant que c’était seulement pour des études scientifiques. La situation n’était pas encore stable à leur goût et ils voulaient nous garder pour l’instant en attendant de prendre une décision. Je n’étais pas confiant même si Andrea avait essayé de me rassurer.

Cependant, elle me fit bien comprendre que leur décision allait prendre plusieurs jours et qu’il fallait pour l’instant s’habituer à leur mode de vie. En effet, ils avaient certaines techniques de chasse qui avaient pu repousser ces horribles bêtes qui dormaient dans les galeries où nous nous trouvions.

                Intrigué par cela, j’allais voir les êtres qui fabriquaient ces armes bien spécifiques. Sans broncher, le créateur me fit voir les étapes de fabrication. Il prenait le cœur du tronc des arbres de la forêt afin d’avoir une lance la plus solide possible. Il prenait aussi des silex avec un liquide empoisonné au bout qui venait de vers à 6 pattes vivant dans le désert. Mais ce n’etait pas tout, ils possédaient aussi des arcs très flexibles faits avec le bois des immenses arbres que nous avions vus au départ. Pour me convaincre de tout cela, il me fit des démonstrations de ses armes et insista pour que je les teste. Le général m’observait et ne put résister à montrer ses gros calibres. Le Maraivien corpulent et imposant fut surpris par notre arme. Il la testa et avec le bruit sourd qu’elle dégagea, il en eu peur et alla se réfugier dans un des abris. La journée commençait bien mais elle passa aussi très vite.

                Le soleil se couchant, nous étions tous invités à manger à leur table. Le buffet était de nouveau rempli. Ils mangeaient toutes sortes de fruits mais aussi des racines, des insectes du désert, du lichen, du poisson de la rivière et bien sûr le gibier de la forêt mais qui ne ressemblait pas du tout au nôtre. La viande était plutôt bleue et tournait au violet sur les membres. Même si cela ne paraissait pas très appétissant au premier abord, tout le monde s’etait régalé. Les caporaux commençaient à créer des liens d’amitié avec les soldats du village. Le général avait trouvé des sujets de discussion avec le sage du village. Finalement, cela se passait mieux que j’aurais pu le croire et j’allais me coucher avec l’impression d’être en sécurité.

mardi 29 avril 2014

Chapitre 13 : L'ultime choix

Voilà maintenant deux semaines que nous vivions parmi les Maraiviens. Ceux qui étaient restés au vaisseau avaient finis par venir jusqu’à nous et avaient pu nous rejoindre dans le village mais à l’intérieur de notre terrier. Alors que ce peuple extraterrestre ne voulait toujours pas nous laisser sortir, ils commencèrent tout de même à nous laisser nous balader dans le village librement. Ainsi, pendant que je me promenais tranquillement au lever du jour, je voyais le général Sirtz faire le maximum qu’il pouvait pour aider les villageois dans leurs différentes tâches comme la création d’une nouvelle habitation pour le nouveau couple qui venait de se former dans le village. Il aidait aussi à notre cher peureux à utiliser les armes à feux et lui montrait leur fonctionnement. Plus je le voyais avec eux, plus il ressemblait à un grand père voulant transmettre son savoir. Il se rapprocha aussi de l’ancien du village et passa ses soirées à lui raconter ses souvenirs de bataille et de vie. L’ancien semblait très intrigué par ses récits et par la haine qui pouvait exister parmi les Hommes. Il lui expliquait en retour que leur peuple vivait en paix avec les différents villages voisins et qu’ils se transmettaient leurs ressources en échange de leur chasse et de leur agriculture.  

En continuant ma promenade, je voyais les caporaux s’entrainer avec les chasseurs du village. Ils apprenaient à chasser les insectes qui nous avaient attaqué et comment s’en protéger. Grâce à leurs armes, ils avaient pu tuer les insectes en les effleurant à peine et surtout, grâce à un mélange d’herbe et de boue pour se dissimuler et donc diminuer leurs émissions infrarouges que pouvaient détecter les créatures. Ils nous avaient expliqué que c’était justement ces infrarouges qui empêchaient les insectes de sortir le jour. Ils mettaient d’ailleurs des immenses feux à l’entrer  des terriers les soirs où l’étoile violette disparaissait. Ceci mis à part, nos caporaux s’entendaient de mieux en mieux avec les chasseurs et commençaient à se sociabiliser en oubliant enfin l’avis du général.

  Au détour d’une cabane, je voyais les docteurs  transmettre leurs connaissances auprès des enfants. Andrea jouait avec les filles du village et racontait comment était la biodiversité et la différence de taille entre nos deux planètes. Elle montrait aussi comment fonctionnaient ses machines de mesure et comment elles pouvaient comparer nos plantes. Les filles s’amusaient à comparer toutes les plantes de la forêt.  Pendant ce temps, les autres scientifiques expliquaient comment notre monde était, son histoire, sa géographie, … Plus ils expliquaient comment nous avions peu à peu détruit notre planète et sa nature, plus les enfants semblaient apeurer et s’inquiétaient de notre venue. Heureusement qu’Andrea suivait ce qu’ils disaient et les rassura en racontant nos inventions, nos capacités de travail de la terre. Les enfants commencèrent à vouloir en savoir plus et les scientifiques partirent dans cette voie en délaissant l’histoire et la géographie. A ce moment-là, je vis les docteurs se disputer sur la meilleure méthode d’agriculture, d’irrigation des terres… Les enfants rirent de bon cœur devant leurs disputes et en rajoutèrent une couche en donnant leur avis sur une méthode puis sur l’autre. Quelle bande de petits garnements !

En finissant cette balade, je me disais que cette vie et cette planète ne méritaient pas de vivre la même chose que notre planète. Ils ne méritaient pas qu’on leur apporte le malheur chez eux. Je voulais  vivre dans ce village et pouvoir vivre une nouvelle vie. Je voulais vivre avec eux et peut être vivre avec Andrea une histoire d’amitié voire plus si affinité. A cette pensée, je n’avais pu m’empêcher de rougir et d’esquisser un sourire.

Le soir même, nous avions décidé de parler entre nous et avec l’ancien du village. Nous voulions savoir si nous devions continuer notre mission. En seulement cinq minutes, nous nous étions mis d’accord sur notre futur. Le général prit alors Andrea par le bras et l’emmena dans le vaisseau. Quelques minutes après, nous entendions un bruit de machines se briser. Nous nous précipitions dehors et nous voyions Sirtz et Andrea  avec un immense sourire aux lèvres. Ils nous racontèrent qu’ils avaient envoyé un message à la Terre leur indiquant que la vie sur cette planète était trop dangereuse et ne proposait aucune ressource intéressante pour la Terre. Après avoir laissé ce message et sans attendre de réponse, ils avaient détruit notre radio. Je fus satisfait de savoir cela. Après avoir ri quelque instant, nous étions partis vers le buffet qui nous attendait pour fêter la construction de notre maison à nous, les explorateurs de l’univers.