Je crois que depuis le début de
notre voyage, je n’avais jamais aussi mal dormi. Il m’avait été impossible de
fermer l’œil de toute la nuit à cause de l’histoire du soldat. Rien que de
savoir que des insectes géants pouvaient nous sauter dessus m’horrifiait, malgré
la présence du général à l’extérieur pour nous protéger et nous rassurer. Je me
réveillai avec les yeux cernés mais je vis que je n’étais pas le seul à ne pas
avoir fermé l’œil de la nuit. Les docteurs me regardèrent avec de magnifiques cernes
noirs sous les yeux et ces derniers injectés de sang. On se sourit
difficilement les uns les autres avant de s’attaquer à notre ration de
nourriture. Malgré mon manque d’appétit,
je me forçai à manger car la journée risquait d’être longue vu le travail à
faire et les réparations de notre
campements.
Après
que tout le monde avait mangé, nous nous étions répartis les différents travaux
pour pouvoir repartir à l’exploration du secteur en espérant retrouver Ferrafia s’il était encore en vie. Je me retrouvai
ainsi à ramasser les restes de nos tentes et à démonter ce qui tenait encore le
coup. En effet, il se trouvait que notre campement n’était pas du tout sécurisé
contre l’attaque de ces créatures. Ainsi le caporal Marique et moi-même
commençâmes à nettoyer le bazar pendant que le général se reposait sur son lit
de camp après sa nuit blanche et que les scientifiques ramenaient leurs
appareils de mesure dans le vaisseau. Par un heureux hasard, aucune de leurs
machines n’avait été cassée par l’attaque et pourtant, on ne pouvait pas
s’attendre à un tel miracle comme disaient les docteurs après une telle
attaque.
Alors
que je rangeais du côté de la tente où Ferrafia nous laissa son dernier signe
de vie, je vis d’étranges marques sur le sol. Vu le nombre de traces de pattes
de ces monstres, je n’y prêtais plus attention mais celles-ci n’avaient rien à
voir. A vrai dire, elles ressemblaient à des pieds d’humains mais à ceux-ci
près qu’ils étaient deux fois plus grands que les miens et dieu savait que j’en
avais des longs. Je les suivis jusqu’à arriver devant les traces de pas du
docteur puis sa trajectoire continua vers la prairie. Je lâchai mes morceaux de
tentes et me sentis investi de l’esprit de Sherlock Holmes. Je pris soin de
suivre ces traces jusqu’au moment où je trébuche contre quelque chose. En me
dépoussiérant, je vis que le responsable de ma chute était un grand morceau de
tissu de la même couleur que l’herbe nous entourant. Après cette découverte, il
me sembla évident de prévenir tout le monde. Je me précipitai vers les autres
et leur expliquai ce que j’avais vu. Tout le monde commença à parler en
proposant ses solutions. Le général leva la voix pour ramener un peu de calme
parmi nous. Il mit alors un plan
d’action consistant à laisser les docteurs Snitch et Binario pour s’occuper du
caporal Sourdon. Les autres suivraient les traces en espérant retrouver le
docteur Ferrafia au bout de cette piste. Le général pris une balise
radio-émettrice pour pouvoir indiquer notre position à ceux du camp pour qu’ils
puissent nous retrouver grâce au vaisseau.
Après avoir
pris nos rations de nourriture et de quoi survivre aux nuits violettes, nous
partîmes en suivant les traces. Nous
franchîmes la forêt luxuriante et ses racines surdimensionnées et nous
arrivâmes devant une magnifique savane. Le contraste de densité d’arbres avec
la jungle était frappant. A l’image de la planète, les arbres étaient
surdimensionnés et l’herbe nous chatouillait presque les dessous de bras.
Malgré la température éreintante, nous avançâmes à coup de machette pour
certains et à coup d’analyse pour d’autres. Andrea gardait un sens du
professionnalisme incroyable vis-à-vis de la situation. Elle m’impressionnait
de plus en plus. Alors que nous arrivâmes dans un immense désert, le soleil
jaune ce coucha pour laisser place au ciel violet. Au loin, nous pouvions
observer une montagne d’où semblait venir les traces. Je me couchai après mon
repas avec une arrière-pensée pour la future nuit que nous aurions. Pourtant,
après cette dure journée de marche, je ne pus m’empêcher de m’endormir. Le
lendemain, nous repartîmes pour atteindre le pied de la montagne. L’ascension
allait commencer.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire