vendredi 2 mai 2014

Chapitre 10 : La réparation du campement

          Je crois que depuis le début de notre voyage, je n’avais jamais aussi mal dormi. Il m’avait été impossible de fermer l’œil de toute la nuit à cause de l’histoire du soldat. Rien que de savoir que des insectes géants pouvaient nous sauter dessus m’horrifiait, malgré la présence du général à l’extérieur pour nous protéger et nous rassurer. Je me réveillai avec les yeux cernés mais je vis que je n’étais pas le seul à ne pas avoir fermé l’œil de la nuit. Les docteurs  me regardèrent avec de magnifiques cernes noirs sous les yeux et ces derniers injectés de sang. On se sourit difficilement les uns les autres avant de s’attaquer à notre ration de nourriture.  Malgré mon manque d’appétit, je me forçai à manger car la journée risquait d’être longue vu le travail à faire et  les réparations de notre campements.

                Après que tout le monde avait mangé, nous nous étions répartis les différents travaux pour pouvoir repartir à l’exploration du secteur en espérant retrouver Ferrafia  s’il était encore en vie. Je me retrouvai ainsi à ramasser les restes de nos tentes et à démonter ce qui tenait encore le coup. En effet, il se trouvait que notre campement n’était pas du tout sécurisé contre l’attaque de ces créatures. Ainsi le caporal Marique et moi-même commençâmes à nettoyer le bazar pendant que le général se reposait sur son lit de camp après sa nuit blanche et que les scientifiques ramenaient leurs appareils de mesure dans le vaisseau. Par un heureux hasard, aucune de leurs machines n’avait été cassée par l’attaque et pourtant, on ne pouvait pas s’attendre à un tel miracle comme disaient les docteurs après une telle attaque.

             Alors que je rangeais du côté de la tente où Ferrafia nous laissa son dernier signe de vie, je vis d’étranges marques sur le sol. Vu le nombre de traces de pattes de ces monstres, je n’y prêtais plus attention mais celles-ci n’avaient rien à voir. A vrai dire, elles ressemblaient à des pieds d’humains mais à ceux-ci près qu’ils étaient deux fois plus grands que les miens et dieu savait que j’en avais des longs. Je les suivis jusqu’à arriver devant les traces de pas du docteur puis sa trajectoire continua vers la prairie. Je lâchai mes morceaux de tentes et me sentis investi de l’esprit de Sherlock Holmes. Je pris soin de suivre ces traces jusqu’au moment où je trébuche contre quelque chose. En me dépoussiérant, je vis que le responsable de ma chute était un grand morceau de tissu de la même couleur que l’herbe nous entourant. Après cette découverte, il me sembla évident de prévenir tout le monde. Je me précipitai vers les autres et leur expliquai ce que j’avais vu. Tout le monde commença à parler en proposant ses solutions. Le général leva la voix pour ramener un peu de calme parmi nous.  Il mit alors un plan d’action consistant à laisser les docteurs Snitch et Binario pour s’occuper du caporal Sourdon. Les autres suivraient les traces en espérant retrouver le docteur Ferrafia au bout de cette piste. Le général pris une balise radio-émettrice pour pouvoir indiquer notre position à ceux du camp pour qu’ils puissent nous retrouver grâce au vaisseau.

Après avoir pris nos rations de nourriture et de quoi survivre aux nuits violettes, nous partîmes  en suivant les traces. Nous franchîmes la forêt luxuriante et ses racines surdimensionnées et nous arrivâmes devant une magnifique savane. Le contraste de densité d’arbres avec la jungle était frappant. A l’image de la planète, les arbres étaient surdimensionnés et l’herbe nous chatouillait presque les dessous de bras. Malgré la température éreintante, nous avançâmes à coup de machette pour certains et à coup d’analyse pour d’autres. Andrea gardait un sens du professionnalisme incroyable vis-à-vis de la situation. Elle m’impressionnait de plus en plus. Alors que nous arrivâmes dans un immense désert, le soleil jaune ce coucha pour laisser place au ciel violet. Au loin, nous pouvions observer une montagne d’où semblait venir les traces. Je me couchai après mon repas avec une arrière-pensée pour la future nuit que nous aurions. Pourtant, après cette dure journée de marche, je ne pus m’empêcher de m’endormir. Le lendemain, nous repartîmes pour atteindre le pied de la montagne. L’ascension allait commencer.

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