Voilà maintenant
quatre jours que je subissais cet entrainement pour être astronaute avec
l’équipe. Je me sentais si faible et fatigué à faire ces entraînements pour
supporter encore une fois l’accélération et l’apesanteur. Ce qui m’épuisait le
plus, c’étaient ces connaissances minimales que je devais avoir pour épauler
l’équipe. Je ne pensais pas que ce serait si dur de me construire une nouvelle vie
parmi tous ces gens. Il fallait dire qu’ils étaient totalement différents par
rapport à ce que je pouvais m'imaginer. Déjà le général, c’était un homme
fort respectable et surtout fort sympathique. Je le considérais comme un gentil
papa qui remontait les bretelles de ses troupes. Quand c’étaient les
scientifiques qui ne voulaient pas faire leur entrainement physique, il les
prenait par les oreilles et les obligeait à se mettre en tenue. Même combat
pour ces deux soldats qui ne comprenaient pas l’utilité des connaissances scientifiques
qu’on nous inculquait. Si vous aviez vu les punitions d’écritures qu’il leur
donnait, c’était à mourir de rire. D'ailleurs en parlant de ces deux soldats,
j’avais l’impression de revoir les stéréotypes de ceux qu’on voit à la
télévision. Ils ne possédaient aucune volonté propre. Si le général n’était pas
là pour leur donner un ordre, ils ne bougeraient pas, ne réagiraient pas. Seul
le moment du repas semblait à peu près intéressant pour eux et ils communiquaient
enfin avec l’équipe. Ils étaient tout de même sympathiques dans ces moments-là
et étaient de bons vivants, pas comme les trois doctorants qui nous
accompagnaient. Il était impossible de leur faire décrocher un mot dans ce moment si
familial, si proche. Ils préféraient parler de leur découvertes ou de celles de
leur collègues qui n’ont pu venir et s’amusaient à descendre les théories des
autres tout en défendant bec et ongle les leurs. C’étaient toujours dans ces
moments-là qu’arrivait le chef du secteur scientifique qui leur donnait à chacun
une tape sur la tête pour leur remettre les idées en place. Ils se revenaient
alors dans le moment présent et daignaient nous adresser la parole.
Heureusement qu’elle était là. Et si le général n’était pas présent, elle
aurait su nous mettre au pas sans aucun souci. Avec un moral d’enfer et une
envie de créer un groupe solidaire, elle se donnait du mal pour nous intégrer et pour nous épauler. Même avec moi, elle venait me voir et m’encourageait dans mes
efforts. Je m’en retrouvais même à créer des liens avec elle. D’ailleurs, un
soir après le repas, je sentais que sa curiosité grandissait de plus en plus
sur mon passé. Elle n’arrivait pas à comprendre ma présence dans cette
expédition. Je m’étais alors décidé à lui révéler mon secret si elle acceptait de
le garder pour elle. Malgré une envie folle de le faire partager aux autres,
elle me le promit. Je me mis donc à lui raconter mon lourd passé et le pourquoi
de ma présence.
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