jeudi 8 mai 2014

Chapitre 5 : Un réveil pas comme les autres

Je sentis enfin mon corps se mouvoir, le bout de mes orteils qui ressentait la chaleur de mon sang. Mes poils s’hérissaient avec une chair de poule parcourant chaque parcelle de ma peau. Ma main commença enfin à se resserrer, et mes doigts se frottaient les uns les autres. Il fallait croire que notre voyage venait de se terminer. La cryogénisation s’était arrêtée et nous réanimait au fur et à mesure. Je pus ouvrir les yeux et observer le caisson s’ouvrir. Je voyais encore flou mais je distinguais la forme des autres modules. Ils étaient tous ouverts d’après ce que je voyais. Une fois ma vue rétablie, je m’avançais dans le couloir vers la salle de repos pour retrouver tout le monde.
          Arrivé dans la salle, tout le monde était présent sauf les deux caporaux qui devaient être dans le poste de pilotage du vaisseau. Je regardais les autres et me sentis rassuré. En effet, je voyais bien que je n’étais pas le seul  à subir les effets secondaires de la cryogénisation. C’était surtout nos pauvres docteurs qui faisaient peine à voir. Ils étaient en train de se tenir le crâne  tout en étant allongés sur les canapés de la salle.  De vraies larves. Le général et la doctoresse  en chef discutaient tant bien que mal du futur de la mission une fois que nous serions sur la planète. Je ne voulais pas m’imposer et préférais regarder le vide intersidéral à travers le hublot. « Sublime » était le premier mot qui m’arriva à l’esprit. Un immense ciel étoilé s’étalait tout autour de nous avec de magnifiques œuvres créées lors du Big Bang, et continuait à se modifier dans le temps infini.
        Alors que je m’approchais du cockpit pour voir nos deux caporaux, j’entendis un message audio diffusé dans les hauts parleurs du vaisseau : «  Hey les gars … euh … Les passagers, nous avons en visuel l’exoplanète Alboria. Vous pouvez venir dans le cockpit pour la regarder ». Je commençais à accélérer le pas pour voir cette planète de plus près quand je sentis le sol trembler sous mes pieds. Les trois docteurs à la limite de l’agonie il n’y a pas encore cinq minutes se précipitaient en même temps vers le cockpit. Ils se donnaient des coups d’épaules et de pieds pour gêner l’avancée des autres. Andrea arriva et dit : « Ne vous inquiétez pas. Malgré leur aspect sérieux quand ils parlent de leurs thèses,  ils n’en restent pas moins de grands enfants. Ça doit faire des années qu’ils attendent ce moment. » Puis elle alla à son tour vers le cockpit. Arrivé dans le poste de commande, je ne savais plus quoi dire. Je vis une magnifique planète recouverte de bleu, de vert et de marron à l’image de notre ancienne Terre. Seul le ciel de couleur violette permettait de ne pas les confondre et surtout un détail qui n’était pas des moindres : sa taille, deux fois plus grande que la Terre. Autant se dire que la gravité ne serait pas des moindres une fois sur place. Mais ce n’était pas un souci pour pouvoir vivre une nouvelle vie.

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