Après plusieurs jours d’entraînements physiques, d’apprentissages
théoriques et de mises à l’épreuve pour notre résistance psychologique, nous
étions fin prêts à entamer une nouvelle vie. Quelques préparatifs étaient
encore nécessaires mais le départ était imminent. Bien évidemment, les soldats
et scientifiques qui vouaient le reste de leur vie à cette aventure spatiale
inédite retournaient aussi voir leur famille et leurs proches une dernière fois
pendant quelques jours.
Notre voyage allait être un aller simple car le carburant ne serait pas
suffisant pour le retour. Et de ce que j’avais entendu, le but précis de notre
mission était avant tout la découverte de l’exo planète et une étude
approfondie de son sol, ni plus ni moins.
Mercredi 18 mai 2022 : c’était la date qui allait rester dans l’histoire
mais aussi le jour d’un nouveau départ. Nous étions convoqués par le général Sirtz.
Même s’il avait l’âge d’être à la retraite, tout le monde avait du respect pour
lui. Il nous fit le briefing des évènements qui allaient se dérouler mais aussi
des consignes qu’il fallait respecter une fois que l’on serait dans le
vaisseau.
Les combinaisons adaptées pour le voyage enfilées, nous sortîmes des
vestiaires en direction du mastodonte de métal. Les journalistes se jetèrent
sur nous pour essayer d’obtenir des informations de notre part mais les
militaires firent barrage. Seul le général glissa quelques mots avant de nous
rejoindre. Avançant dans la même direction, nous étions tous les yeux ébahis,
contemplant ce monstre de fer qui allait nous transporter pour le voyage :
on le nommait le Nevada Fire.
De forme circulaire, il arborait une robe métallique entièrement de
couleur grise qui était capable de capter la lumière du soleil grâce à ses
microcellules photovoltaïques. Mais sa couleur lui donnait aussi l’avantage
d’être furtif dans le vaste univers qui nous attendait. Equipé de toute
l’armada pour communiquer et se défendre, ce vaisseau était une forteresse volante.
Nul ne voudrait s’y frotter. Des lasers, des missiles à ogives nucléaires, des
mines, des propulseurs à fusion contrôlée, … toutes les dernières technologies
étaient présentes. Il respirait la qualité et plus nous nous en rapprochions et
plus un sentiment de fierté s’éveillait en nous.
Le Président de la République Albert Donemon nous attendait au pied de
l’appareil pour prononcer son discours avant le départ. Il présenta de nouveau
l’équipe dans l’ensemble à destination des journalistes en donnant toujours
très peu d’informations à mon sujet et c’était bien mieux comme cela, puis nous
souhaita bonne chance. Nous entrâmes dans le vaisseau comme des héros, la porte
se referma et ce fut alors le calme absolu. Andrea, cette scientifique qui
prenait toujours soin de moi, m’accompagna jusqu’à mon emplacement avant le
décollage. Le général se mit alors en position pour prendre les commandes du
vaisseau et entama une manœuvre pour sortir de l’atmosphère terrestre. Ce fut
un moment très éprouvant physiquement mais aussi émotionnellement : je
quittais ma Terre natale, cette petite planète bleue qui m’avait tellement
apporté de bonheur avant ce tragique évènement. Mais je n’avais point de regret
et j’étais maintenant prêt à affronter la suite des aventures.
A peine positionné en orbite, le général nous donna l’ordre de nous
placer dans les capsules cryogéniques. Avant leur activation, je vis les
étoiles se déformer. Nous étions passés à la vitesse de la lumière : notre
voyage commençait.
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