Alors que j’admirais
cet astre, le général arriva et dit : « Messieurs, Madame, je pense
que vous pourrez profiter de cette planète sur place. Veuillez donc vous
asseoir et vous tranquilliser, surtout vous messieurs les docteurs ! ».
Tout le monde se calma sur le champ et retourna dans la salle de repos, prêt à
attendre le passage de notre vaisseau dans l’atmosphère d’Alboria. Les caporaux
se préparaient. Il ne restait plus qu’à commencer la manœuvre d’atterrissage.
Au moment des premiers ralentissements et des
premières vibrations du Nevada Fire, chacun mit sa ceinture de sécurité, sauf
nos docteurs qui s’étaient jetés dessus. Je sentais une douleur de plus en plus
vive dans mon estomac comme si ma fin était arrivée. Le général restait de
marbre face à la situation et essayait de calmer nos scientifiques qui ne
pouvaient s’empêcher de hurler à la mort. Je me demandais s’ils avaient bien
pris conscience de l’importance de l’entrainement sur Terre pour cette partie
du vol. Andrea semblait aussi stoïque que le général mais je vis bien quand
même sa main se crisper sur son accoudoir. Je me demandais comment se portaient
les officiers dans le cockpit quand les secousses se mirent à s’intensifier, et
je pus voir des flammes dues à la friction des particules sur la paroi du
vaisseau. Je me sentais de plus en plus lourd avec l’accélération du vaisseau
vers la planète et la gravité augmentant. La douleur brouillait toutes mes
sensations. De plus, même le temps semblait déformé. Pour moi les secondes
devenaient des minutes et les minutes des heures.
Après ce qui
m’a semblé être une éternité, je sentis le vaisseau se redresser à
l’horizontale et les nuages défiler devant les hublots de notre vaisseau. La
vitesse diminuait, la pression s’abaissait, tout redevenait normal. Nous
entendîmes alors un des soldats s’exclamer via les hauts parleurs :
« On vient de terminer la manœuvre. Aucun problème détecté pour le
moment. Vous pouvez détacher les ceintures et si votre estomac ne vous fait pas
faux bon, regarder par les hublots. Nous allons passer sous les nuages. »
A peine eu-t-il finit sa phrase que les docteurs devenus blancs comme linge
avaient décroché leurs ceintures à une vitesse jamais égalée dans l’histoire de
l’humanité et s’étaient précipités dans les toilettes du vaisseau. J’essayai de
me lever à mon tour pour regarder par le hublot à quelques pas de là. Et là, ma
vision périphérique se noircit et mes jambes décidèrent de m’abandonner. C’étaient
encore ces vertiges qui me faisaient des tours. Je me relevais quand le général
m’attrapa par l’épaule et me remit sur pied. Il me dit alors « Ce n’est
pas le moment de perdre le nord ! Relevez-vous et regardez-moi
l’extérieur ! » Il m’avança jusqu’au hublot et je vis une sublime
forêt, comme notre forêt amazonienne mais en démesurée. Tout semblait beaucoup
plus grand, comme ce magnifique oiseau qui passa au-dessus de nos têtes. Il
avait une envergure de six mètres de long avec de sublimes plumes flamboyantes.
Rien d’aussi remarquable sur notre planète.
Après plusieurs
minutes d’adaptation, je sentis le vaisseau se stabiliser et se poser sur la
planète au milieu d’une plaine verdoyante. Le général nous donna les dernières
indications et après avoir mis nos masques de respiration pour préserver nos
poumons de la pression extérieure, nous ouvrîmes les portes de la salle de
dépressurisation pour poser notre premier pas sur la terre ferme. Tant
d’évènements allaient se dérouler ici et nous regardions uniquement le paysage.
Quelle équipe d’insouciants, nous étions alors…
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