Voilà
maintenant deux semaines que nous vivions parmi les Maraiviens. Ceux qui
étaient restés au vaisseau avaient finis par venir jusqu’à nous et avaient pu
nous rejoindre dans le village mais à l’intérieur de notre terrier. Alors que
ce peuple extraterrestre ne voulait toujours pas nous laisser sortir, ils
commencèrent tout de même à nous laisser nous balader dans le village
librement. Ainsi, pendant que je me promenais tranquillement au lever du jour,
je voyais le général Sirtz faire le maximum qu’il pouvait pour aider les villageois
dans leurs différentes tâches comme la création d’une nouvelle habitation pour
le nouveau couple qui venait de se former dans le village. Il aidait aussi à
notre cher peureux à utiliser les armes à feux et lui montrait leur
fonctionnement. Plus je le voyais avec eux, plus il ressemblait à un grand père
voulant transmettre son savoir. Il se rapprocha aussi de l’ancien du village et
passa ses soirées à lui raconter ses souvenirs de bataille et de vie. L’ancien
semblait très intrigué par ses récits et par la haine qui pouvait exister parmi
les Hommes. Il lui expliquait en retour que leur peuple vivait en paix avec les
différents villages voisins et qu’ils se transmettaient leurs ressources en échange
de leur chasse et de leur agriculture.
En continuant
ma promenade, je voyais les caporaux s’entrainer avec les chasseurs du village.
Ils apprenaient à chasser les insectes qui nous avaient attaqué et comment s’en
protéger. Grâce à leurs armes, ils avaient pu tuer les insectes en les
effleurant à peine et surtout, grâce à un mélange d’herbe et de boue pour se
dissimuler et donc diminuer leurs émissions infrarouges que pouvaient détecter
les créatures. Ils nous avaient expliqué que c’était justement ces infrarouges
qui empêchaient les insectes de sortir le jour. Ils mettaient d’ailleurs des
immenses feux à l’entrer des terriers
les soirs où l’étoile violette disparaissait. Ceci mis à part, nos caporaux
s’entendaient de mieux en mieux avec les chasseurs et commençaient à se
sociabiliser en oubliant enfin l’avis du général.
Au
détour d’une cabane, je voyais les docteurs
transmettre leurs connaissances auprès des enfants. Andrea jouait avec
les filles du village et racontait comment était la biodiversité et la
différence de taille entre nos deux planètes. Elle montrait aussi comment
fonctionnaient ses machines de mesure et comment elles pouvaient comparer nos
plantes. Les filles s’amusaient à comparer toutes les plantes de la forêt. Pendant ce temps, les autres scientifiques
expliquaient comment notre monde était, son histoire, sa géographie, … Plus ils
expliquaient comment nous avions peu à peu détruit notre planète et sa nature,
plus les enfants semblaient apeurer et s’inquiétaient de notre venue. Heureusement
qu’Andrea suivait ce qu’ils disaient et les rassura en racontant nos inventions,
nos capacités de travail de la terre. Les enfants commencèrent à vouloir en
savoir plus et les scientifiques partirent dans cette voie en délaissant
l’histoire et la géographie. A ce moment-là, je vis les docteurs se disputer
sur la meilleure méthode d’agriculture, d’irrigation des terres… Les enfants
rirent de bon cœur devant leurs disputes et en rajoutèrent une couche en
donnant leur avis sur une méthode puis sur l’autre. Quelle bande de petits
garnements !
En finissant
cette balade, je me disais que cette vie et cette planète ne méritaient pas de
vivre la même chose que notre planète. Ils ne méritaient pas qu’on leur apporte
le malheur chez eux. Je voulais vivre
dans ce village et pouvoir vivre une nouvelle vie. Je voulais vivre avec eux et
peut être vivre avec Andrea une histoire d’amitié voire plus si affinité. A
cette pensée, je n’avais pu m’empêcher de rougir et d’esquisser un sourire.
Le soir même,
nous avions décidé de parler entre nous et avec l’ancien du village. Nous
voulions savoir si nous devions continuer notre mission. En seulement cinq
minutes, nous nous étions mis d’accord sur notre futur. Le général prit alors
Andrea par le bras et l’emmena dans le vaisseau. Quelques minutes après, nous
entendions un bruit de machines se briser. Nous nous précipitions dehors et
nous voyions Sirtz et Andrea avec un
immense sourire aux lèvres. Ils nous racontèrent qu’ils avaient envoyé un
message à la Terre leur indiquant que la vie sur cette planète était trop
dangereuse et ne proposait aucune ressource intéressante pour la Terre. Après
avoir laissé ce message et sans attendre de réponse, ils avaient détruit notre
radio. Je fus satisfait de savoir cela. Après avoir ri quelque instant, nous
étions partis vers le buffet qui nous attendait pour fêter la construction de
notre maison à nous, les explorateurs de l’univers.
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